Architecte de formation, c'est à ce titre que j'exerce principalement depuis 12 ans.
La pratique et l'intérêt pour d'autres disciplines (ou champs d'action) me sont apparus dés lors que j'ai pris conscience de la lenteur du « process » d'architecture et de la nécessaire existence d'un client. Deux frustrations récurrentes et constantes dans un même métier, c'est beaucoup !
Le dessin, la peinture sont « cosa mentale » comme disait Léonard et la seule motivation intérieure suffit à les faire exister. De même pour la photo.
Les contingences ne font pas de l'architecture un art appliqué loin de là mais la « signification » tend à s'y essouffler pour finalement n'apparaître que localement alors même que le projet d'architecture se veut total.
Ce qui m'intéresse dans ces pratiques parallèles c'est que l'Idée, le Sens couvre toute la surface du support, l'espace de l'objet-sujet (installation) ou bien en occupe tout le temps (video).
L'architecture qui réunit temps et espace, planéité et profondeur m'aide à donner forme et à renouveler ce que je nommerais des Graphiques.
Graphiques dans le sens de schémas, de diagrammes ou de tableaux plutôt qu'une écriture ou un style forcément soumis à la mode.
Ces travaux en tant que tableaux (diagrammes) expriment des rythmes (accélérations/ralentis), des glissements, des superpositions, des dégradations...
Mi-dessins mi-peintures, mi-répétitions mi-improvisations, ces graphiques peuvent être lus comme des plans de villes, des façades d'immeubles, de la signalétique urbaine, des traces ou empreintes laissées sur les surfaces qu'offre la ville.
Disons plus simplement que ce sont des réseaux de lignes, de surfaces et d'espacements.
A posteriori, je pense à des artistes comme Anni Albers, Jennifer Bartlett, Bridget Riley, Vera Molnar... Que des femmes, allez savoir....
La plupart des travaux sont réalisés avec de la gouache ou des markeurs sur des supports types rodhoïdes ou feuilles de polypropylène.
